LE PETIT GROS
PREND SA RETRAITE.
Après des années à monter des sites web pour les PME du Québec, souvent en 24 heures et rarement en dormant, Petit Gros Répare Gros ferme boutique.
Bon. C'est le temps.
Il paraît qu'on reconnaît le bon moment de partir quand on commence à rêver en CSS. Ça fait un boutte que je rêve en CSS. La semaine passée, j'ai essayé de centrer une affaire verticalement dans mon sommeil, et je me suis réveillé fâché. Ma blonde dit que je marmonne flexbox vers trois heures du matin. Je pense que c'est un signe.
Le nom disait pas mal tout : petit gars, gros mandats. Un site de plombier le mardi. Une boutique de nettoyage haute pression le mercredi. Et le jeudi, quelqu'un qui appelle parce que son logo est « un peu trop petit », alors qu'il prend déjà les deux tiers de l'écran et qu'on voit à peine le numéro de téléphone en dessous.
J'ai appris des affaires que personne ne m'avait annoncées. Qu'un client qui dit « je te laisse carte blanche » a en réalité une idée extrêmement précise, qu'il va te révéler une couche à la fois, sur trois semaines. Que « c'est juste un petit changement » n'a jamais, pas une seule fois dans l'histoire de l'internet, été un petit changement. Et que si tu demandes à quelqu'un sa charte de couleurs, il y a une chance sur deux qu'il te réponde bleu.
J'ai aussi appris qu'un site web, pour bien du monde, ce n'est pas un site web. C'est la preuve que leur affaire existe pour vrai. Le gars qui te demande de grossir son logo, dans le fond, il te demande de le rendre plus visible dans sa propre ville. Quand tu comprends ça, tu arrêtes de trouver ça achalant. Ça m'a pris à peu près trois ans.
Aujourd'hui je débranche tout. La plateforme, les portails, les tableaux de bord, les trente vitrines, et les automatisations qui envoyaient fidèlement des courriels à quatre heures du matin à des gens qui, eux, dormaient très bien. Trente et une tâches planifiées se sont arrêtées le même après-midi.
Il n'y a plus de compte à ouvrir, plus de formulaire à remplir, plus de mot de passe à oublier puis à redemander par courriel. Juste cette page. Elle, promis, elle ne plantera pas. Elle n'a même pas de base de données à perdre.
Au plaisir, et bonne route,Petit Gros Répare Gros
Les exploits du Petit Gros
La bannière officielle, en service jusqu'au 18 septembre 2026. « Sites web 24 h ». Je l'ai écrit moi-même, en toute connaissance de cause, et je l'ai tenu plus souvent qu'à mon tour.
Pendant huit ans, quand un client me demandait si j'étais capable, je répondais oui. Voici les preuves. Elles ont été produites par une intelligence artificielle, mais l'intention derrière était parfaitement sincère.
Je n'ai jamais soulevé de tronc d'arbre. Je n'ai jamais monté d'ours. Mais un vendredi de novembre 2023, j'ai vraiment réparé une base de données corrompue à trois heures du matin, en pyjama, avec un chien couché sur les pieds. Ça, aucune image générée ne peut le rendre.
« IA rien d'impossible »
Trente-cinq publicités, tournées avec une IA, dans trente-cinq décors où je n'ai jamais mis les pieds. Et au bout de chacune, le même jeu de mots, celui dont je suis le plus fier de toute ma carrière : chez Petit Gros Répare Gros, IA rien d'impossible. Personne ne me l'a jamais commenté. Ça ne l'a jamais rendu moins bon.
En voici huit. Elles se chargent seulement si tu appuies dessus, parce que je n'ai jamais imposé 8 Mo à personne.
Il en reste vingt-sept dans le dossier : le désert, l'apesanteur, la plateforme pétrolière, le port à conteneurs, le chantier, la banquise, la cascade, l'orbite terrestre. À chaque fois, le même gars, le même slogan, le même sérieux imperturbable. Je les ai toutes gardées. C'est peut-être ce que je vais regretter le plus.
La ligne du temps
- 2019Premier site. Un plombier. Payé en argent comptant dans un Tim Hortons, sur la 55. J'ai pensé que c'était un coup de chance.
- 2020Tout le monde a eu besoin d'un site. Tout le monde. La même semaine. Je n'ai pas dormi de mars à juin et j'ai trouvé ça extraordinaire.
- 2021Premier « fais-le pop ». Je ne savais pas encore que ce serait la phrase de ma carrière.
- 2022Le devis à forfait. Trois cent quarante heures pour un prix fixe estimé à quarante. On n'en parle plus. Je l'ai fini. C'est ça, l'important.
- 2023La plateforme. Des portails, des locataires, des tableaux de bord, un espace partenaire. Trente vitrines. Un seul gars.
- 2024Six fins de semaine de suite, parce que quelqu'un avait dit « je vais te référer à quelqu'un » et qu'il l'a fait quatre fois.
- 2025FreeForge. Des outils gratuits, hors ligne, sans compte. Officiellement pour aider les PME. Officieusement pour qu'on arrête de m'appeler à minuit.
- 2026Débranché. Le 18 septembre, à 9 h 23, un jeudi. Ça a pris onze minutes.
Le bilan officiel, vérifié par personne
- Cafés convertis en HTMLbeaucoup trop
- Fois où on m'a demandé de « faire ça pop »∞
- Urgences arrivées un vendredi à 16 h 55toutes
- Sites « brisés » qui étaient le Wi-Fi du clientune bonne gang
- Logos reçus dans un document Wordj'aime mieux pas compter
- Chartes de couleurs résumées au mot « bleu »la majorité
- Mots de passe clients qui étaient
1234trop - Nuits blanches pour un décalage de 2 pixelsassez, oui
- Carrousels que j'ai refusé de fairetous
- Regrets0
Le glossaire du client
Huit ans de terrain résumés en quatorze entrées. Si tu es dans le métier, tu vas en reconnaître au moins douze. Si tu es client, ne le prends pas personnel. On vous aime quand même.
- Juste un petit changement
- Refonte complète. Prévoir trois semaines.
- Je te laisse carte blanche
- J'ai une idée extrêmement précise. Tu vas la découvrir une couche à la fois.
- C'est urgent
- Il est vendredi, 16 h 55.
- Ça devrait pas être compliqué
- Ça va être compliqué.
- Mon neveu s'y connaît un peu
- Prépare-toi.
- Fais-le donc poper
- Je ne sais pas ce que je veux, mais ce n'est pas ça.
- Le site est brisé
- Mon routeur est débranché depuis hier.
- Bleu
- Ma charte de couleurs complète, dans son intégralité.
- On verra pour le paiement
- On ne verra pas.
- Peux-tu juste…
- Le mot « juste » est un mensonge. Toujours. Sans exception.
- Je t'envoie le logo
- Un fichier Word contenant la photo d'un écran qui affiche le logo.
- Ça prend deux minutes
- Ça prend deux jours, et une migration de base de données.
- Mon ancien webmestre…
- Il est parti. Il y avait une raison. Tu vas la trouver dans le code.
- Je veux quelque chose de simple
- Avec un carrousel, une vidéo en fond, et de la musique.
Sers-toi, c'est gratuit
Le générateur d'excuses
Huit ans d'expérience condensés. Aucune n'est inventée. Toutes ont déjà servi.
0 excuse générée
Le traducteur client
Écris ce que le client t'a dit. Je te dis ce qu'il voulait dire.
Le barème officiel
Huit ans que je gardais ça dans un fichier sur mon bureau, sans jamais l'afficher. Il n'y a plus de raison de se gêner.
- Site vitrine, cinq pages1 200 $
- Le même site, mais « pour hier »1 800 $
- Faire ça pop250 $
- Faire ça pop une deuxième fois700 $
- Faire ça pop, mais moins900 $
- Remettre exactement comme c'était avant le pop1 400 $
- Logo fourni dans un document Word+ 150 $
- Logo fourni en capture d'écran+ 300 $
- Logo fourni en photo d'un écran, prise avec un téléphone+ 500 $
- « Juste un petit changement »taux horaire × 3
- Appel après 21 htaux horaire × 2
- Appel un vendredi à 16 h 55taux horaire × 4
- « Mon neveu s'y connaît un peu »2 000 $, non négociable
- Carrouselrefusé
- Carrousel avec musique de fondrefusé deux fois
- Texte clignotantrefusé, puis accepté, puis regretté
- Devis à forfaitplus jamais
Aucun de ces montants n'a jamais été facturé tel quel. Je coupais toujours. C'est probablement pour ça que j'ai travaillé six fins de semaine de suite en 2024, et c'est écrit ici pour que le prochain ne fasse pas pareil.
Encore de quoi s'amuser
L'estimateur honnête
Coche ce que tu veux. Il te donne un échéancier réaliste, basé sur huit ans de terrain.
Le générateur de nom de domaine
La formule qui a produit à peu près tous les sites de PME du Québec depuis 1998.
0 domaine généré
Le générateur d'excuses
Quarante classiques. Aucune n'est inventée. Toutes ont déjà servi.
0 excuse générée
Le cimetière des vitrines
Trente sous-domaines sont morts le 18 septembre 2026, à la même minute, sans souffrir. Ils avaient tous été faits avec soin. La plupart n'ont jamais reçu un seul visiteur humain. Les noms sont vrais. Ils sont sortis du fichier de configuration avant qu'il soit effacé.
Les certificats de sécurité de ces adresses expireront d'eux-mêmes d'ici 90 jours. Après, elles ne répondront plus du tout. C'est la vraie fin, et elle est silencieuse.
Les questions
- Peux-tu juste me faire une petite affaire vite faite ?
- Non. C'est exactement de même que ça avait commencé la première fois, et regarde où on est rendus.
- Mon site est encore en ligne, lui ?
- S'il était hébergé ici, il ne l'est plus. Et si c'est aujourd'hui que tu t'en aperçois, honnêtement, il ne te manquait pas tant que ça.
- Et mes données ?
- Sauvegardées, chiffrées, rangées, et pas dans le nuage de quelqu'un d'autre. Personne ne les a perdues, personne ne les a vendues, personne ne les a entraînées.
- Ça coûtait combien, un site en 24 heures ?
- Moins que ce que ça valait, plus que ce que le monde pensait. L'écart entre les deux, c'est à peu près ma carrière.
- Tu veux-tu que je te réfère à quelqu'un ?
- C'est gentil. C'est aussi la phrase exacte qui m'a fait travailler six fins de semaine de suite en 2024.
- C'était quoi, le pire moment ?
- Trois heures du matin, un 24 décembre, à restaurer une base de données qu'un client avait effacée en essayant « de faire du ménage ». Il n'a jamais su. Il ne le saura toujours pas, il ne lit pas jusqu'ici.
- Et le meilleur ?
- Un garagiste qui m'appelle un lundi pour me dire qu'il a engagé quelqu'un, parce qu'il a trop d'ouvrage depuis le site. Il ne m'appelait jamais. Il a appelé pour ça.
- Tu reviens quand ?
- Quand les clients arrêteront d'envoyer leur logo en pièce jointe dans un document Word. Donc jamais. Mais c'était une belle question.
Le mur de la honte
La boutique est fermée, mais les robots, eux, n'ont pas eu le mémo. Ils continuent de frapper à la porte jour et nuit pour essayer d'entrer. Voici combien ils sont, ce qu'ils cherchent, et ce que j'en pense. Le compteur se met à jour tout seul, aux cinq minutes, directement dans les journaux du serveur.
Ce qu'ils viennent chercher
Rien de tout ça n'a jamais existé sur ce serveur. Pas une seule fois.
Et sous quel déguisement
L'usurpation d'identité, c'est la partie que je trouve la plus drôle.
Le palmarès des portes qu'ils essaient
chargement du compteur…
Onze minutes pour tout défaire
Huit ans à bâtir. Onze minutes à démonter. Les chiffres qui suivent sont ceux du serveur, avant et après, et ils ne sont pas arrondis.
124,7 Go
Récupérés d'un coup. Le disque passe de 88 % à 23 %. Il a l'air d'une machine neuve, et ça me fait quelque chose.
31 tâches
Des courriels, des relances, des rapports, des sauvegardes de locataires. Elles tournaient encore. Personne ne les lisait plus.
283 → 26
Images Docker. Chacune était une version que j'avais déployée un soir en me disant « c'est la bonne ».
157 → 16
Volumes de données. Cent trente-huit d'entre eux appartenaient à des locataires de test créés pour une démo de quinze minutes.
56 → 15
Domaines servis. Quarante-deux blocs de configuration retirés d'un fichier de mille lignes, en une seule fois.
48 copies
Des sauvegardes « au cas où », prises en cinq jours, jamais rouvertes. Trente-quatre gigaoctets de peur d'avoir peur.
90 fichiers
Des vieilles versions du fichier de configuration. Nommées bak-pre-quelquechose. Le monument à mon anxiété.
20 Go
Des modèles d'intelligence artificielle installés un dimanche, utilisés deux fois, oubliés trois mois. C'est très humain.
1 fichier
Ce qui reste. Cette page-là. Elle pèse moins que le logo d'un seul de mes anciens clients.
Ce que disent les journaux
Avant d'effacer quoi que ce soit, j'ai relu les journaux du serveur au complet, du 20 avril au 18 septembre 2026. Tout ce qui suit est vrai et vérifiable, sorti d'un fichier texte de plusieurs centaines de mégaoctets. Aucune adresse IP n'est publiée.
165 596 erreurs 404
Une requête sur quatre pointait vers quelque chose qui n'a jamais existé. Un quart de ma bande passante a servi à dire non poliment.
12 septembre 2026
La journée record : 21 755 requêtes en 24 heures. Ce n'était pas un lancement. C'était juste une grosse journée de robots.
78 351 fois
Le nombre de fois où mes propres sondes ont demandé /health et /healthz pour vérifier que tout allait bien. Ça allait bien.
Les vingt-cinq façons de demander le même fichier
Les robots cherchent un fichier .env, celui qui contient les mots de passe. Comme ils ne savent pas où il est, ils essaient tout. Voici la liste réelle, avec le nombre exact de tentatives pour chacune.
Aucun de ces fichiers n'a jamais existé sur ce serveur. Les secrets étaient dans des variables d'environnement Docker, comme du monde. Mais ils ne pouvaient pas le savoir, alors ils ont essayé. Vingt-cinq fois. Pendant cent cinquante-deux jours.
Les systèmes d'exploitation qui n'existent pas
Ma trouvaille préférée de toute la fouille. Pour ne pas se faire bloquer, les robots inventent une identité de navigateur. Sauf que certains l'inventent vraiment mal.
Windows NT 7.0
N'existe pas. Microsoft est passé de NT 6.1 à NT 6.2 puis à NT 10.0. Il n'y a jamais eu de NT 7. Quelqu'un a deviné, et il a deviné croche.
Windows NT 9.1.2
N'existe pas non plus. Celui-là ne s'est même pas contenté d'inventer une version : il a inventé une version mineure, et un correctif.
Windows NT 11.0
Windows 11 se déclare NT 10.0. Toujours. Celui qui a écrit ça a supposé que le chiffre suivrait le nom commercial. C'est logique. C'est faux.
Chrome 147 et 149
Des versions du futur, annoncées par des robots pressés. Google n'était pas rendu là. Ils ont voulu avoir l'air modernes et ils se sont trahis.
TLM-Audit-Scanner/1.0
6 197 passages, et il annonce franchement ce qu'il est. Aucun déguisement. Après tous les faux Chrome, ça fait presque plaisir.
python-httpx/0.28.1
112 219 requêtes, le plus gros agent de tout l'historique. Ce n'était pas un attaquant. C'était ma propre surveillance qui se vérifiait elle-même, aux cinq minutes, pendant des mois.
Ce que la base de données avait à dire
J'ai ouvert le dump avant de l'archiver. Je m'attendais à retrouver huit ans d'activité. J'ai plutôt trouvé le portrait le plus honnête de mon métier que j'aie jamais vu.
131 tables
J'avais modélisé une plateforme complète : facturation, RH, projets, inventaire, maintenance, achats, messagerie, conformité. Tout était prévu.
119 tables vides
Sur les 131, cent dix-neuf n'ont jamais reçu une seule ligne. Quatre-vingt-onze pour cent du schéma a été bâti, migré, testé, déployé… et jamais utilisé.
218 752 lignes
La plus grosse table de la base, et de loin : l'historique du robot qui vérifiait que le site était en ligne. Quatre-vingt-cinq pour cent de mes données, c'était la machine qui se regardait exister.
229 gabarits
Deux cent vingt-neuf modèles de page, pour vingt-huit sites. Huit gabarits par site. Personne n'en a jamais demandé plus d'un.
524 courriels
Envoyés en tout. J'avais bâti un moteur de campagnes, des séquences, des relances automatiques et un système de désabonnement conforme.
2 prospects
Deux. La table public_leads contient exactement deux lignes. C'est le chiffre le plus dur de toute cette page, et c'est pour ça qu'il est écrit.
Je ne mets pas ça ici pour me plaindre. Je le mets parce que si tu es en train de bâtir quelque chose en ce moment, et que tu passes tes soirées sur la table numéro 87 d'un module que personne n'a demandé, tu devrais le savoir tout de suite plutôt que dans huit ans. Va parler à deux clients. Tu apprendras plus qu'avec deux cents migrations.
Douze jours
Le dépôt de code de la plateforme est dans l'archive. Je l'ai rouvert pour écrire cette page. Ce qu'il contient, c'est douze jours. Pas douze mois. Douze jours.
138 la nuit
Trente-deux pour cent de tous les commits ont été faits entre 22 h et 5 h du matin. Le dernier de la série : 4 h 56, le 7 mai, pour un module de maintenance préventive.
76 la fin de semaine
Quarante-neuf samedis et vingt-sept dimanches. Je me souviens d'avoir dit à du monde que je travaillais « pas mal juste la semaine ».
100 en un jour
Le 5 mai 2026. Cent commits en vingt-quatre heures, soit un aux quatorze minutes. Le 7 mai suit avec quatre-vingt-quinze.
199 fois « fix »
Le mot le plus fréquent de tous mes messages de commit, devant « merge » (142) et « feat » (116). Presque une fois sur deux, je réparais quelque chose que j'avais cassé la veille.
Jusqu'à rc5.7.3
rc4, rc5, rc5.1, rc5.2, rc5.3, rc5.4, rc5.5, rc5.6, rc5.6-hotfix-x3, rc5.7, rc5.7.2, rc5.7.3. Douze « versions candidates » pour une seule version. Aucune n'est jamais devenue finale.
1 222 fichiers .py
Plus 442 en TypeScript et 307 en JavaScript. Tout ça compressé dans un .tar.gz de 103 mégaoctets qui dort maintenant sur un disque, chez nous.
Regarde la courbe comme il faut. Il y a un creux entre 5 h et 9 h du matin : c'est là que je dormais. Le reste du temps, la ligne ne descend jamais à zéro. Pas une seule heure de la journée n'est vide. J'ai commité à chacune des vingt-quatre heures, sauf entre 6 h et 7 h.
FreeForge, lui, reste ouvert
C'est la seule affaire que je n'ai pas débranchée, et ce n'est pas un hasard : c'est la seule qui n'a jamais eu besoin de moi pour fonctionner.
Choisis un outil
Des dizaines d'outils gratuits pour PME, expliqués sans jargon.
Télécharge le .zip
Pas de compte, pas d'infolettre, pas de « entrez votre courriel pour continuer ».
Garde-le pour de bon
Ça roule sur ton ordi. Tes données restent chez vous. C'est déjà payé.
Ce que j'ai cherché en huit ans
Un métier, ça se résume mal dans un CV. Ça se résume beaucoup mieux dans une barre de recherche.
comment centrer une div2019 → 2026css centrer verticalement pour vrai2020flexbox vs grid lequel2020, 2021, 2022pourquoi mon docker ne démarre paschaque déploiementpostgres connection refusedun mardi sur deuxcaddy reload vs restartm'a sauvé la vieregex courriel correctejamais trouvéepourquoi safari fait çapas de réponseprix moyen site web pme québec2019, puis plus jamaiscomment dire non poliment à un client2021est-ce que je peux facturer ça2022comment expliquer à un client que non2023tarif horaire développeur indépendant québectrop tardsymptômes épuisement professionnel2024comment fermer une entreprise2026comment centrer une divencore hier
Celle de 2024, je l'ai cherchée pour vrai, et je ne la mets pas ici pour faire une joke. Si tu la cherches toi aussi en ce moment, parles-en à quelqu'un pour vrai. Le travail va attendre. Il attend toujours. C'est même sa principale compétence.
Conditions d'utilisation de cette page
Article 1. En lisant cette page, vous reconnaissez que la boutique est fermée. Définitivement. Le fait d'avoir bien aimé la page ne rouvre pas la boutique.
Article 2. Vous vous engagez à ne pas demander « juste une petite affaire vite faite ». Cette clause survit à la résiliation du présent contrat, à la fin de l'Internet, et à moi.
Article 3. Avoir trouvé des secrets dans cette page ne constitue pas un contrat de service, une offre d'emploi, ni une relation d'affaires. Ça constitue une belle soirée, tout au plus.
Article 4. Toute mention du mot « carrousel » entraîne la fermeture immédiate de l'onglet. (Cette clause n'est pas appliquée. Techniquement, je pourrais. Je ne le ferai pas. Mais sachez que j'y ai pensé très fort.)
Article 5. Cette page ne collecte rien. Pas de témoins, pas de pisteurs, pas de statistiques. Elle ne collecte même pas votre consentement, que vous venez pourtant de donner en arrivant.
Article 6. Le logo est déjà assez gros.
Article 6.1. Non.
Article 7. Il n'y a pas d'article 7.
Article 8. En cas de litige, le tribunal compétent est la table de cuisine, à Trois-Rivières. Les audiences ont lieu après 21 h, parce que c'est là que je suis disponible. C'était déjà comme ça avant.
Le certificat
Certificat de retraite
est décerné par les présentes à
pour huit années de loyaux services rendus aux petites et moyennes entreprises du Québec, pour avoir répondu à minuit sans jamais facturer la minute, pour avoir grossi des logos sans jamais soupirer trop fort, et pour n'avoir jamais cédé sur le carrousel.
Fait à Trois-Rivières, le 18 septembre 2026
Tu as imprimé une page de retraite. Sur du papier. En 2026 ou plus tard.
Franchement, c'est le plus beau compliment de la journée.
Tape sur les scanners
Trente secondes. Ils sortent, tu tapes dessus. C'est thérapeutique. Je sais de quoi je parle, j'ai fait ça pendant des années, juste avec pas mal moins de satisfaction immédiate.
Bon. La vraie fin.
Je n'ai pas vraiment pris ma retraite. Personne ne prend sa retraite à cet âge-là, voyons donc.
Je suis directeur technique à l'Académie Skolia. On y bâtit un programme d'école-maison par missions pour les familles du Québec : un projet concret par semaine, aligné sur le PFEQ, avec le suivi qui se remplit tout seul pendant que les parents s'occupent de la vraie affaire, c'est-à-dire leurs enfants.
C'est exactement la même job qu'avant, dans le fond. Prendre quelque chose de compliqué, d'administratif et d'un peu décourageant, puis le rendre simple au point que le monde oublie que c'était compliqué. Avant, c'était des vitrines pour des PME. Maintenant, c'est des missions pour des enfants de six ans.
Sauf qu'il y a une différence, et elle est grosse. Quand je réglais un bug chez PGRG, un plombier vendait deux ou trois jobs de plus. Quand j'en règle un maintenant, il y a une mère quelque part en Mauricie qui arrête de pleurer sur sa table de cuisine un mardi soir, parce que le suivi du ministère s'est rempli tout seul.
Il y a huit ans, je bâtissais des sites pour prouver que des business existaient. Aujourd'hui je bâtis des outils pour prouver à des parents qu'ils sont capables. C'est le même métier. C'est juste rendu plus important.
Alors non, le Petit Gros n'a pas raccroché. Il a juste arrêté de réparer des gros. Il bâtit des missions, à présent.
Et ça, franchement, c'est pas mal mieux.— celui qui répondait à minuit
Tu les as tous trouvés.
Je ne sais pas qui tu es. Je ne sais pas en quelle année tu lis ça. Peut-être que c'est moi, dans quinze ans, tombé là-dessus par hasard en cherchant autre chose, et que j'ai oublié la moitié des secrets que j'avais cachés.
Ce que je sais, c'est que tu as fouillé. Tu as cliqué sur des affaires qui n'avaient pas l'air cliquables. Tu as ouvert la console. Tu as lu le code source d'une page de retraite d'une compagnie qui n'existe plus. Tu as tapé des mots au hasard juste pour voir.
C'est exactement ce genre de curiosité-là qui m'a amené à faire ce métier. Pas un cours, pas un diplôme, pas un plan de carrière. Juste l'envie de savoir comment l'affaire était faite en arrière.
Alors garde ça. C'est la seule chose que j'aurais à transmettre, et ça tient en une ligne : il y a toujours quelque chose en arrière, et c'est presque toujours plus simple que ça en a l'air une fois que tu regardes pour vrai.
Si c'est toi dans quinze ans : j'espère que tu bâtis encore. Si c'est quelqu'un d'autre : commence aujourd'hui, avec une page HTML, sans cadriciel. C'est comme ça que ça commence, et ça n'a pas changé.
Merci d'être passé.Petit Gros Répare Gros · 2019 – 2026